L’Association

La petite maison dans la prairie…

Un peu d’histoire

1967

C’était hier ou même peut être avant-hier… que naissait une petite maison de repos « Lumière et Joie » implantée à Sévrier ; toute petite, toute pauvre, mais riche de l’énergie que possédaient déjà ses pionniers et de leur foi en l’avenir. Destinée à accueillir des femmes (une vingtaine) de milieu défavorisé dont l’état de sante nécessitait du repos, elle se transformait en centre de vacances durant les mois d’été.

1974

Petite maison deviendra grande… Pour faire face à son succès grandissant et pour répondre aux exigences de la réglementation des maisons de repos, les administrateurs cherchent un terrain afin d’y implanter une nouvelle construction et après de nombreuses recherches, en haut de la route de la côte, un terrain au lieu-dit « La Marteraye » leur tend les bras Le nom de la nouvelle maison était trouvé, restait à assurer le financement bien sûr. Les mêmes administrateurs et professionnels s’y emploieront et le 22 février 1974, après des travaux rondement menés, la Marteraye s’endormira avec 30 lits occupés.

1984

Le Centre Féminin de Repos et de Convalescence continue à offrir un « havre de paix et de convivialité » à des femmes, malmenées par la vie et qui viennent chercher des soins, mais surtout un temps de réconfort et un soutien psychologique. En témoigne une parole de malade recueillie dans le livre d’or : « Il est des lieux où l’on reprend goût à la vie… et la Marteraye fait partie de ces endroits… ».

Une première rénovation améliore le confort des chambres et l’installation d’un ascenseur permet l’accueil de convalescentes ayant moins d’autonomie.

1990 - 2001

Les projets se suivent mais ne se ressemblent pas : création d’une grande salle de rééducation - transformation des chambres du troisième étage, avec suppression des toilettes collectives ! Arrivée de l’informatique : il y a de l’enthousiasme dans l’air. Et même encore des soirées dansantes…

Et surtout commence à germer le projet d’augmenter la capacité de l’établissement pour atteindre ce qui à l’époque était considéré comme le seuil critique : 55 lits et répondre aux besoins de soins de suite du bassin annécien ; commencent alors des périodes où alternent excitation et enthousiasme de « penser » un nouveau projet et découragement face aux tracasseries administratives.

Il aura fallu près 10 ans pour qu’en 2001 nous inaugurions joyeusement une ère et une aile nouvelles, permettant ainsi de porter la capacité de 33 à 55 convalescents. Belle satisfaction que d’offrir à ceux-ci des conditions de confort qu’aujourd’hui encore ils apprécient et d’avoir gagné un pari architectural : celui de leur offrir une vue imprenable sur le lac comme horizon !

Une belle réalisation qui vient également récompenser la persévérance des administrateurs de l’époque qui ont patiemment levé les freins, sans manquer d’en trouver les indispensables financements.

Entre temps en 1999 : Dans cet univers très féminin, l’arrivée des convalescents hommes est venue bousculer les habitudes et l’organisation. Le personnel, notamment soignant est …. sur le qui vive !… Il est conseillé de respecter l’extinction des feux… et gare aux chassés croisés !

L’équipe de travail s’enrichit alors de nouveaux professionnels, les premiers cadres infirmiers apportent leurs compétences pour une organisation rationnelle des soins devenus plus techniques tout en maintenant une dimension humaine à la prise en charge des convalescents.

Anciens et nouveaux personnels, tous auront à cœur de s’adapter à l’évolution de notre environnement, avec des séjours qui deviennent de plus en plus courts dans les hôpitaux et les cliniques ce qui signifie, pour La Marteraye, plus de médicalisation, plus de soins techniques et une évolution des compétences notamment dans le domaine de la cancérologie. L’équipe des rééducateurs se renforce également, nous accueillons une orthophoniste, et notre première assistante sociale.

L’équipage s’enrichit régulièrement de l’arrivée de bénévoles ; ils apportent à travers les animations, des temps d’écoute, cette présence bienveillante si importante quand on est en souffrance.

Chacun et chacune par son investissement et son professionnalisme contribue à conforter la place de La Marteraye dans une filière de soins en aval des hôpitaux et cliniques locaux et à être un acteur incontournable.

Les années se poursuivent mais ne se ressemblent pas vraiment cela évite la monotonie… Les projets pour améliorer la prise en charge des convalescents, qui - à force de patience - sont devenus des patients, se multiplient, les services logistiques se professionnalisent … Nous entrons dans la démarche qualité ; notre manque d’expérience sera cependant couronné de succès et l’arrivée d’une qualiticienne pour la seconde procédure de certification la facilitera.

Des personnels nous quittent, pour s’investir dans d’autres lieux, ou d’autres hélas pour toujours…

La permanence du cap à tenir a toujours été facilitée par l’engagement et les fortes convictions des administrateurs.

Pendant toutes ces années, les présidents successifs, les administrateurs et la direction tenteront de conjuguer logique économique et logique de service : le risque est toujours présent de perdre la vie par ignorance des contraintes ou de perdre son âme par oubli des valeurs d’humanité qui sont le fondement de l’association. Leur engagement et leurs convictions communes garantissent le maintien des valeurs que les personnels s’emploient à faire vivre quotidiennement

2008 avis de tempête

L’ARS envisage le transfert de notre établissement dans le bassin … annemassien ! Pour nous qui avions depuis toujours le lac aux pieds de notre établissement, la perspective de nous retrouver à terre, loin de nos attaches nous a secoués fortement. Mais grâce à la ténacité des administrateurs et des élus locaux, le projet sera bientôt abandonné.

Pour assurer la pérennité de l’association, le rapprochement avec une autre association est envisagé ainsi que l’implantation sur un autre site pour une nouvelle fois augmenter la capacité de l’établissement et se rapprocher de 100 lits.

2010 - …/…

Dans le cadre de la nouvelle réglementation régissant les SSR, l’établissement reçoit une autorisation pour 5 ans avec obligation de finaliser les projets de transfert et de regroupement.

Après des années de prise en charge « artisanale » des patients en fin de vie, la qualité du travail est reconnue et des moyens supplémentaires sont alloués à l’établissement par l’attribution de 6 Lits Identifiés Soins Palliatifs.

… L’aventure se poursuit … après avoir cherché à retracer l’histoire de La Marteraye, je vous laisse une page blanche pour que vous en écriviez la suite.

Hélène Blanchet Directrice de La Marteraye de juillet 1987 à janvier 2013